Ami, je n'ai Laquais, ni Page,
Qui bien sût faire mon message,
Ne telle chose raconter
Que me sens au cerveau monter
En cette plaine, et bel espace.

Mon Dieu, comme le monde passe
En oisiveté par simplesse !
Ne voit-on point tant de sagesse
Que le plus fol demeure maître ?
Il n'y a rien si beau, que d'être
Auprès de quelque beau donneur.

Serait-ce pas grand déshonneur
De la laisser ainsi pucelle ?
Je ne dis pas que ce fût elle
Qui m'a donné l'occasion.

Cherchons autre occupation
Pour parvenir à la légère :
Car volontiers une étrangère
Sera toujours la mieux venue,
Pour autant que, quand elle est nue,
Elle change d'accoutrement :
Comme celui qui point ne ment,
Quand il s'excuse sur un compte.

Nul n'est tenu de rendre compte -
Après la paye - du reçu.
Ô qu'il est bien pris, et déçu,
Le doux Pigeon aux Tourterelles !

Laissons cela : ce sont querelles
Que les Grecs eurent aux Troyens.
On ne vit onc tant de moyens
Depuis que le tabourin sonne.

Qui saurait comme l'eau de Saône
Fait le beau teint aux Damoiselles,
Tant de peine ne prendraient celles
À distiller pour se noircir -
Je voulais dire : à s'éclaircir -
Leur blanche et délicate peau.

À mal juger ne faut appeau :
Puis qu'on n'en paye que l'amende :
Celui qui me doit, me demande !

Mais c'est chose par trop notoire,
Que l'on nous peut bien faire croire,
Qu'une robe faite à l'antique
Ne montre le corps si étique,
Bien qu'il soit un petit trop juste
Pour courtisaner à la buste.

Mais j'en croirais plus tôt la preuve
De son ami, quand il la treuve
Sur le fait de la piperie.

C'est ce qui perd la confrérie
De saint Amour, qui nous surprend,
Puis qu'en lieu de donner on prend.

Or à Dieu donc, lâche journée,
Puis qu'elle est jà tant séjournée,
Que l'on n'en corne plus la prise :
Tant y va le pot qu'il se brise,
Qui nous fait après bon métier.

S'elle savait bien le métier,
On ne craindrait point le danger
De ce plaidoyeur étranger :
Mais qu'on le plume sans mentir
Avant qu'il le puisse sentir.


About Pernette Du Guillet


Pernette Du Guillet (Lyon, c. 1520 - July 7, 1545) was a female French poet of the Renaissance. She was born in a noble family and married in 1537 or 1538 a man with the last name Du Guillet. In the spring of 1536, she met the poet Maurice Scève (she was 16; he was 35), and she would serve as Scève's poetic muse, inspiring his Délie. From this work has come the reputation of her beauty and significant culture. After her death, her poetry was published in Rymes de Gentille et Vertueuse Dame, Pernette du Guillet. Read more...

Poet of the day

Ethel Turner was an Australian novelist and children's writer.

Biography

Ethel Turner was born in Doncaster, Yorkshire, England on 24th January, 1872. She migrated to Australia with her widowed mother, older sister Lilian and step sister, Jeannie in 1880.

Educated at Sydney Girls’ High School, she and Lilian wrote stories...
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Poem of the day


Dugdraaben blinker paa Rosengreen;
Den tindrer, den zittrer af Glæde:
I mindste Dugperle, klar og reen,
Er Verdenssolen tilstede.

Sjæle er Draaber paa Livets Green;
De tindre, de zittre af Glæde:
I Sjælens Dugperle, klar og reen,
Er Verdensaanden tilstede.

Dugdraaben blinker et Øjeblik; Read more...